06 — Ce que Léonard de Vinci, Steve Jobs et Elon Musk apprennent à un vidéaste
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Martin Chavée
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Tips & Tricks
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Un carnet toujours en poche, le courage de dire non, l'art de supprimer avant d'optimiser. Trois leçons de grands créateurs, et une méthode pour trouver enfin le temps de créer.
4 minutes de lecture · Article 06 de la série
Sept mille deux cents pages
Léonard de Vinci portait presque toujours un carnet sur lui. Environ sept mille deux cents pages nous en sont parvenues, rappelle Walter Isaacson dans sa biographie. On y trouve des croquis, des calculs, des visages croisés dans la rue, et des listes de choses à comprendre. Sur l'une d'elles, Léonard se propose de décrire la langue du pic-vert.
Pourquoi un génie de la Renaissance s'intéresse-t-il à la langue d'un oiseau ? Pour le plaisir de comprendre. Et c'est cette curiosité, en apparence inutile, qui nourrissait sa peinture.
1. Apprenez à voir (Léonard)
Léonard parlait de saper vedere : savoir voir. La plupart des gens regardent sans voir. L'artiste apprend à observer vraiment : le mouvement de l'eau, la lumière sur un visage, les muscles d'un sourire.
C'est le cœur du métier de vidéaste. Voir la lumière d'une fin d'après-midi dans une grange, le geste précis d'une main qui travaille. Ces images-là ne se trouvent pas, elles se remarquent. Et un carnet, ou une simple note sur le téléphone, permet de ne pas les perdre.
2. Dites non, et soignez ce qu'on ne voit pas (Jobs)
En 1997, de retour chez Apple, Steve Jobs expliquait que se concentrer, ce n'est pas dire oui à une chose. C'est dire non à des centaines d'autres bonnes idées. Il a réduit la gamme à une grille de quatre cases, un produit par case.
Pour une entreprise qui communique en vidéo, la leçon est directe : un format qui fonctionne, tenu dans le temps, vaut mieux que dix formats essayés une seule fois.
Jobs tenait aussi de son père, qui fabriquait des meubles, une règle d'artisan : soigner le dos de l'armoire, même si personne ne le verra. Pour un studio, le dos de l'armoire, ce sont les fichiers bien nommés, les rushes sauvegardés, les droits vérifiés, les sous-titres sans faute. Le client ne les voit pas toujours. Il les sent.
3. Supprimez avant d'optimiser (Musk)
Isaacson décrit aussi ce qu'Elon Musk appelle l'algorithme, en cinq étapes et dans cet ordre : questionner chaque exigence, supprimer, simplifier, accélérer, automatiser. L'ordre est essentiel. La pire erreur est d'optimiser, puis d'automatiser, une étape qui n'aurait jamais dû exister.
Appliqué à la vidéo : pourquoi faut-il une introduction ? Un logo animé au début ? Trois allers-retours de validation ? Chaque exigence qu'on ne questionne pas finit par coûter du temps, de l'argent, et souvent l'attention du spectateur.
Et pour trouver le temps de créer
Ces maîtres avaient un point commun : du temps protégé. David Allen, auteur de Getting Things Done, le résume ainsi : l'esprit est fait pour avoir des idées, pas pour les stocker. Notez tout ce qui traîne dans votre tête, et faites tout de suite ce qui prend moins de deux minutes.
Puis posez-vous la question focalisatrice de Gary Keller et Jay Papasan : quelle est la seule chose que je peux faire qui rendra tout le reste plus facile ou inutile ? Et protégez-la. L'essayiste Paul Graham l'a bien montré : une seule réunion au milieu de l'après-midi peut couper une demi-journée de création en morceaux trop courts pour un vrai travail profond.
Trois gestes pour cette semaine
Un geste par maître. Aucun ne prend plus de quelques minutes à mettre en place.
Gardez un carnet sur vous, et notez trois choses que vous avez vraiment vues.
Prenez une étape de votre production vidéo et demandez-vous si elle doit vraiment exister.
Bloquez une demi-journée sans réunion pour la seule chose qui compte.
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